CHINA
HongKong (22-23 janvier)
A notre arrivée sur l’île de HongKong, on était lessivés (nuit blanche à Taipei pour boucler les affaires, l’appartement, dire au revoir aux potes et manger une dernière fois resto avec Fiffy…)
À première vue, on est frappés par la hauteur, le nombre et le rapprochement des buildings… en fait il n’y a que ça… À l’arrivée à notre hôtel en plein centre, on est surpris par le nombre de nationalités que l’on croise. Ça nous change de Taipei. Des africains, des hindous, pas mal d’occidentaux et bien sûr des chinois. Mais pas QUE des chinois et on se sent pas en Chine… Notre hôtel est un lieu surprenant : un building plutôt insalubre d’une vingtaine d’étages, avec un hôtel par étage et des bureaux de change au RDC. C’est un vrai carrefour de backpackers, très cosmopolite, comme une auberge de jeunesse géante. On a posé nos sacs et on est partis faire un tour… Après une courte marche au milieu des buildings et des boutiques de luxe on s’est retrouvés au bord de l’eau…vision impressionnante, voir tous ces buildings qui on l’air de flotter sur l’eau. Le soir on est allés voir la « main attraction » de HK : tous les soirs, à la nuit tombée, les immenses tours de verre et d’acier s’illuminent dans un tonnerre de musique ultra kitsch, de lumière et de lasers. Sur ce show, les avis sont partagés : certes, c’est un peu le culte du capitalisme avec en passant de la pub pour les sociétés occupant les immeubles, mais ça n’en reste pas moins un moment divertissant, bon enfant et…gratuit !
Le lendemain on a traversé la rive pour se rendre à central, le quartier des affaires, où l’on a rejoint Aymerick, le pote d’Oreste qui vit là bas avec sa copine Hattie, une charmante personne originaire de Shenzhen. On s’est rendus tous ensemble au Victoria’s Peak, un point de vue sur les hauteurs de HK qui offre une vue imprenable sur la ville. Le lendemain il nous fallait sortir de l’état de HK pour nous rendre à Shenzhen, qui se trouve à 45 minutes de HK en train seulement, mais qui demande du temps et des formalités car on entre techniquement en Chine (présentation du visa, du passeport et compagnie).
Shenzhen (24-25 janvier)
À Shenzhen, rien d’extraordinaire, que des buildings et du béton. Nous on y allait pour faire nos courses (on avait besoin de vêtements chauds pour Pékin et le Yunnan) : Shenzhen c’est le temple de la fringue pas chère et de la contrefaçon en Chine. En arrivant on voulait acheter nos billets de train pour partir le lendemain soir à Pékin, mais pas de chance : plus de place. Ne sachant que faire, on a eu la chance de tomber sur John (un chinois), qui nous a permis d’acheter des billets au noir (c’est-à-dire achetés au préalable en gros puis revendus un peu plus cher ensuite). C'est une opération périlleuse pour le revendeur qui risque gros au niveau de la loi. Il est donc venu jusqu’à notre chambre d’hôtel pour effectuer la transaction. Le petit malinou a clairement tenté de nous rouler : il a pris notre argent puis après l’avoir examiné a déclaré : « un des billets est faux ! ». Seulement cela ne pouvait en aucun cas être possible, puisque tous nos billets venaient de la banque. (Le type, visiblement habitué à ce petit tour de passe-passe avait discrètement glissé un faux billet parmi les nôtres. Heureusement, John nous a aidé et tout est rentré dans l’ordre. C’était moins une car ce genre de magouilles, ainsi que le trafic de faux billets sont très fréquents en Chine (maintenant on le sait…)
On a achete tout ce qu'il nous fallait pour affronter le froid a des prix defiant toute concurrence. À 16h notre train pour Pékin démarrait.
Pékin (26à31 janvier)
26 janvier
Arrivée à 15h à Beijing après 25h de train. Le train, c’était excellent : on est tombés dans un wagon de chinois fêtards qui nous ont embrigadé dans leurs concours de buvage de gnôle, on a vraiment bien ri et trouvé ce que nous espérions dans ce type de trajet : rencontres et convivialité.
En sortant du train, on a réalisé à quel point il faisait froid…
On est sortis se promener, le taxi nous a déposé sur la place Tian’anmen, immense, monumentale. Le froid était vif, le vent glacial, voici ce qui nous attendait pour le reste de notre séjour à Pékin (accompagné d’un soleil d’azur toutefois). On a contourné les murs de la cité interdite pour aller se promener dans les Hutong (vieux quartiers de Pékin avec les maisons basses et les toits en ailes d’hirondelles).
27 janvier : visite de la Cité Interdite.
Ancien lieu de résidence de l’empereur et de ses nombreuses épouses, c’est une vraie ville, incroyable, avec une multitude de temples très colorés, des cours de toutes les tailles, des ruelles… Impressionnant de beauté (dommage que 2 des temples principaux étaient en rénovation en vue des JO de 2008). On a marché 4 heures dans la cité impériale avec le vent glacial qui nous figeait de la tête aux orteils. Après ça on a gravi la colline de charbon, colline artificielle qui se dresse derrière la cité interdite et qui permet de voir la Cité Interdite et Pékin d. Ensuite on a marché jusqu’au quartier de la Cloche et du Tambour, avec ses lacs gelés, visions oniriques, émouvantes, sur lesquels des centaines de pékinois de tous les âges patinent et font de la luge.
Le soir, on est sortis dans un bar qui nous a accueilli avec la musique de Tragédie « est-ce que tu m’entends eh oh, est-ce que tu me sens eh oh »…. OH DAMNNNNNNN, PAS CA !!!!
Pour notre 3ème journée, on a décidé de louer des vélos pour explorer plus en profondeur le quartier de la cloche et du tambour et se perdre dans les Hutong. C’était vraiment un moment magique que de faire du vélo à Pékin, une sensation de liberté ! Cette petite promenade nous a permis d’assister à des scènes typiques dans le vieux Pékin comme des coiffeurs qui opèrent sur le trottoir et des papis de 70 ans qui se baignent dans le lac gelé… On a fait le tour des lacs, visité une maison traditionnelle des Hutong, entièrement rénovée qui appartient désormais à la ville. Avant des familles (parfois 6 ou 7) vivaient dedans et se sont fait déloger par le gouvernement pour être parqués dans des tours immondes à la périphérie de la ville. Triste…
Le lundi 29, LA GRANDE MURAILLE : moment tant attendu !!!
3 excursions possibles en gros : Badaling, ou Touristland, à proscrire…, Simatai qui est la plus aventureuse et que nous avons rejeté pour cause de grand froid et enfin celle que nous avons choisie : Matianyu, qui est l’intermédiaire. Lundi à pas de touristes à le bonheur, et un ciel d’azur en prime… ;-)
On gravit des marches pendant une vingtaine de minutes et on arrive enfin sur la muraille. Sur le site de Matianyu, elle a été rénovée sur quelques centaines de mètres (21 tours), et on peut aussi voir au loin les pans de murs non rénovés. La muraille s’étend devant, derrière, sur les côtés, à perte de vue. On a donc marché sur ce fameux mur, nous conformant ainsi au célèbre dicton chinois « celui qui n’a pas gravi la grande muraille n’est pas un brave ». Héhéhé, nous on l’a fait. En chemin, on a rencontré 3 français de notre âge : James, Myriam (sosie d’Alicia Keys) et Seb, avec qui on a fixé un RDV sur Pékin le soir même pour faire la fête. Comment décrire cette muraille de Chine ? Peu de mots me viennent. On avance sur un mur vieux de plusieurs siècles qui serpente la montagne, avec ses créneaux, ses pierres, ses tours à perte de vue. C’est magique.
Le soir on a rejoint nos nouveaux potes pour faire un marché de nuit qui offre tout sauf de la bouffe normale : scorpions, scarabées, larves, sauterelles, lézards, testicules de mouton, j’en passe, et le tout servi en brochettes. Les mecs se sont éclatés et ont mangé allègrement scorpions, larves testicules. Moi je me suis limitée à un scorpion et une sauterelle et franchement j’ai adoré. C’est vrai, ça a goût de chips, c’est délicieux. Ensuite on est sortis dans une boite de chinois et on dansé comme des petits fous. Après la boite on a cherché un Mc Do en vain et on a fini dans un boui boui où on nous a servi des trippes….Décidément c’était la journée de toutes les audaces culinaires.
Mardi 30, journée en amoureux on est d’abord allés patiner sur le lac, trop romantique, trop bon enfant…après dégustation du fameux canard laqué pékinois toujours en tête à tête, puis spectacle traditionnel dans une maison de thé-théâtre. On a pu voir toutes sortes de performances : opéra de Pékin, magie, contorsionnistes, changement de masque, kung fu…10 performances en 1h30, on était trop heureux.
Mercredi 31 : dernier jour à Pékin, visite du marché aux puces de Sanjijuyan, un poil décevant car désert en semaine…loin de l’agitation que l’on imaginait… On est dons allés au ART DISTRICT, un quartier unique au monde, entièrement dédié à l’art moderne avec des galeries par dizaines : on se promène dans les ruelles et on visite des petites galeries toutes différentes les unes des autres. Vraiment à voir, de l’art contemporain sous toutes les formes.
Le soir, notre train pour Kunming, capitale de la région du Yunnan (sud ouest de la Chine démarrait). C’était parti pour 40 heures de train…
2 février : Kunming
On s’est promenés tout l’après midi dans cette grande ville qui ne présente pas un intérêt extraordinaire… On voulait se rendre dans le nord-ouest du Yunnan, dans les villages de montagne : Lijiang et Dali.
Le soir on a pris le bus couchette pour Lijiang (11h de trajet)
3 février : Lijiang
Au petit matin on arrive dans cette petite ville située non loin de la frontière tibétaine à 1900 mètres d’altitude. Quel plaisir de s’y promener au lever du jour avant l’arrivée massive des touristes (nous ne soupçonnions pas encore l’ampleur de la chose à ce moment là). La vieille ville de Lijiang est tout simplement magnifique : que des maisons traditionnelles avec pas plus d’un étage et leurs jolis toits en ailes d’hirondelle, des canaux, des petits ponts… Le seul problème c’est que dès 10 h du matin, ce typique village devient ce à quoi ressemblerait l’attraction « China town » à Disneyland (en exagérant un peu) : 5 touristes au m2, les membres des tribus posent avec des costumes traditionnels et demandent des sous, des boutiques de souvenir qui vendent toutes la même chose etc… Heureusement, en s’écartant un peu, on trouve des endroits de la vieille ville plus reculés, on peut aussi se promener sur des chemins environnants qui offrent une très belle vue sur la ville et les montagnes enneigées, avec le bon air frais et le ciel d’azur.
Le 4 on a pris un bus pour Dali, autre village au sud de Lijiang
5 février : Dali, charmant village de 15000 hab. Une journée de promenade dans ses rues authentiques, belote sur une place au milieu des groupes de petits vieux jouant aux échecs et au go, achat de quelques pièces d’artisanat pour la famille. On mangé 3 fois dans le même resto qui servait de la bonne bouffe occidentale (steak frite et autres plaisirs inestimables). Après 5 mois de riz et de pâtes frits on avait bien le droit de se faire plaisir.
6 février : retour sur Kunming en bus, visite de Shilin (la forêt de Pierre), site le plus touristique du Yunnan. C’est un parc naturel de 25 000 hectares avec des rochers de forme et de taille impressionnantes, partout. On s’est baladé pendant 3 bonnes heures, on s’est perdu (littéralement) dans le dédale des rochers qui forment un gigantesque labyrinthe avec des grottes, des passages très étroits dans la roche, de la végétation, des lacs, des rizières …
Le soir de retour sur Kunming, on a pris un bus de nuit pour Hekou, à la frontiere du vietnam.
Encore un trajet de nuit ! Petit calcul, depuis Pékin, 2 nuits dans le trains, 3 nuits dans le bus pour 2 nuits à l’hôtel…fatigant mais économique : on économise des nuits d’hôtel et du temps.
Après une dizaine d’heures de bus sur des pistes et des routes semées de nids de poule (sans mentir, on faisait parfois des bonds d’1 mètre sur nos couchettes, tous les 4 à l’arrière on en pouvait plus), nous voilà à Hekou. Ce trajet était vraiment gerbant, impossible de dormir. On s’en rappellera toute notre vie !
Il est 7h du mat’ : GOOD MORNING VIETNAM !!!
Un peu tristes de quitter l’univers chinois après 5 mois inoubliables ; fini les crachats, les raclements de gorges, les rots et les pets à tout va dans la rue. Nous avions omis ce détail important : les chinois, hommes comme femmes, ont coutume de se lâcher, où ils veulent, quand ils veulent.


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